Cigarette électronique interdite : les pays concernés
Un voyageur français peut être condamné pour un objet parfaitement légal chez lui. La liste des pays où la cigarette électronique est interdite circule beaucoup, souvent recopiée d’un site à l’autre, rarement adossée à une source officielle. Or les régimes varient : certains textes visent l’importation, d’autres la vente, d’autres encore la simple possession, y compris en transit aéroportuaire.
Dans quels pays la cigarette électronique est-elle interdite
L’Organisation mondiale de la santé recensait 42 pays interdisant la cigarette électronique en novembre 2025, et citait pour la seule zone ASEAN le Vietnam, le Cambodge, le Laos, Singapour et la Thaïlande. Six autres destinations reviennent dans les avis officiels adressés aux voyageurs français ou britanniques : Inde, Brésil, Mexique, Turquie, Qatar et Hong Kong.
Encore faut-il préciser ce que chaque interdiction recouvre. Un texte qui prohibe l’importation n’a pas les mêmes conséquences pour un touriste qu’un texte qui vise la détention.
Asie du Sud-Est : les régimes les plus sévères
C’est la région où les sanctions publiées sont les plus lourdes, et où les contrôles à l’arrivée sont documentés. Les fiches Conseils aux voyageurs de France Diplomatie y consacrent des avertissements explicites, pays par pays.
Thaïlande
L’interdiction porte sur l’importation, la vente et la fourniture de services liés à ces produits. Le ministère précise que la loi expose le contrevenant à des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour une détention et dix ans pour une importation, assorties de lourdes amendes.
Cette rédaction mérite d’être lue attentivement : plusieurs ressortissants français ont été condamnés dans ce cadre, selon la même source. La sévérité n’est pas théorique.
Singapour
L’interdiction est totale, y compris au domicile. Depuis le 1er septembre 2025, les ressortissants étrangers en possession d’une cigarette électronique s’exposent à des sanctions graduées, de l’amende à la révocation du titre de séjour, suivie d’une expulsion et d’une interdiction de retour en cas de récidive.
Le point le plus piégeux concerne le transit. Ces sanctions s’appliquent aussi aux voyageurs en correspondance qui transportent l’appareil en bagage cabine, les bagages étant contrôlés avant l’embarquement sur le vol suivant.
Vietnam et Laos
Le Vietnam a voté en novembre 2024 une interdiction de la production, du commerce, de l’importation, du transport et de l’usage des cigarettes électroniques et des produits de tabac chauffé. C’est le champ le plus large de la liste.
Au Laos, l’interdiction vise le transport dans les bagages et l’usage, notamment aux abords des gares et des aéroports. Aucune peine chiffrée ne figure dans l’avis officiel, qui évoque une forte amende ou l’emprisonnement.
Inde et Hong Kong : la possession dans le viseur
Ces deux territoires illustrent un basculement réglementaire : la loi ne se contente plus d’assécher l’offre, elle atteint directement le porteur de l’appareil.
En Inde, la possession et l’utilisation de tout instrument électronique de vapotage sont interdites, sous peine d’une amende d’au minimum 1 300 euros et d’un an d’emprisonnement. Ces dispositions s’appliquent aux voyageurs en transit et à tous les bagages, y compris en soute.
Hong Kong offre l’exemple le plus récent. Le gouvernement de la région administrative spéciale y interdit l’importation, la fabrication, la promotion et la vente depuis le 30 avril 2022, et la possession dans les lieux publics depuis le 30 avril 2026. La sanction annoncée est une amende forfaitaire de 3 000 dollars de Hong Kong, portée à 50 000 dollars et six mois d’emprisonnement au delà des quantités fixées.
Brésil et Mexique : deux périmètres très différents
L’Amérique latine montre bien pourquoi une liste de pays ne suffit pas. Deux voisins peuvent afficher une interdiction et ne pas viser du tout les mêmes actes.
Au Brésil, la résolution RDC 855 de l’agence sanitaire Anvisa, adoptée le 23 avril 2024, prohibe la fabrication, l’importation, la commercialisation, la distribution, le stockage, le transport et la publicité de tous les dispositifs électroniques de fumage. L’entrée sur le territoire par un voyageur, bagage accompagné compris, est explicitement visée, de même que l’usage dans les espaces collectifs fermés.
Au Mexique, le périmètre est bien plus étroit. Un décret présidentiel du 19 janvier 2020, entré en vigueur le lendemain, interdit l’importation de cigarettes électroniques. L’avis officiel ne mentionne ni la vente, ni la possession, ni l’usage.
Turquie et Qatar : interdiction affichée, application variable
La Turquie interdit officiellement la cigarette électronique, mais l’avis aux voyageurs signale que cette interdiction ne semble pas appliquée partout. Une nuance rare dans ce type de document, et qui invite à la prudence plutôt qu’à la confiance.
Au Qatar, les autorités britanniques indiquent qu’il est illégal d’importer, de vendre et d’acheter ces produits, comme d’en faire usage. La police peut procéder à une arrestation, et les tribunaux prononcer une amende, une peine de prison ou une expulsion.
L’Australie, le contre-exemple qui n’est pas une interdiction
Le cas australien est régulièrement rangé à tort parmi les pays où la cigarette électronique est interdite. Il relève en réalité d’un modèle inverse : la médicalisation complète du produit.
Depuis 2024, tous les dispositifs de vapotage, nicotinés ou non, ne peuvent être vendus qu’en pharmacie, selon le ministère australien de la Santé. Les buralistes, les boutiques spécialisées et les commerces de proximité n’ont plus le droit d’en vendre.
Depuis le 1er octobre 2024, les personnes majeures peuvent acheter en pharmacie un produit dosé à 20 mg/ml de nicotine au maximum sans ordonnance, dans la limite d’un mois d’approvisionnement. Les arômes sont restreints à la menthe, au menthol et au tabac, et le conditionnement obéit aux standards pharmaceutiques neutres.
Les Émirats arabes unis ne figurent pas sur la liste
Voici l’idée reçue la plus tenace du sujet. Deux pays du Golfe sont régulièrement confondus, alors que leurs régimes s’opposent.
Aux Émirats arabes unis, les cigarettes électroniques contenant du tabac chauffé ou des saveurs aromatisées sont autorisées. Seuls les produits contenant des huiles de cannabidiol sont formellement interdits, car classés parmi les substances narcotiques ou psychotropes, avec une peine de prison immédiate à la clé.
Confondre Doha et Dubaï sur ce point peut donc coûter très cher dans un sens, et faire renoncer inutilement dans l’autre.
Trois vérifications avant de boucler sa valise
La règle applicable ne se devine pas depuis la France, et un article de blog ne remplace pas un avis officiel. Trois gestes suffisent à sécuriser un départ.
Consulter la fiche Conseils aux voyageurs du pays de destination, y compris pour une simple escale, puisque plusieurs textes visent explicitement le transit. Vérifier ensuite l’ensemble des correspondances du billet, et pas seulement la destination finale.
Rappeler enfin que l’appareil embarque une batterie au lithium, ce qui impose le bagage cabine dans le transport aérien. Cette règle de sécurité entre en tension directe avec les pays qui contrôlent précisément les bagages cabine, et elle ne laisse alors qu’une option : ne pas emporter l’appareil. Le régime français, lui, est détaillé dans notre analyse du vapotage dans les lieux publics.
FAQ
Cinq questions qui reviennent au moment de préparer un départ, et qui ne relèvent pas du seul inventaire des pays.
Une escale sans sortir de l’aéroport est-elle concernée ?
Oui dans plusieurs pays, dont Singapour et l’Inde, dont les avis officiels visent expressément les voyageurs en transit. La zone internationale d’un aéroport n’est pas un espace de non droit.
Les autorités peuvent-elles fouiller un bagage pour cela ?
Les contrôles douaniers portent sur l’ensemble des effets du voyageur. L’avis relatif à l’Inde précise que les dispositions s’appliquent à tous les bagages, y compris ceux placés en soute.
Peut-on faire expédier son matériel par colis vers ces pays ?
Non, les textes qui prohibent l’importation couvrent l’envoi postal comme le transport personnel. Le colis est saisi et l’expéditeur peut être recherché.
Une liste de pays reste-t-elle valable d’une année sur l’autre ?
Non. Hong Kong a étendu son dispositif en avril 2026 et Singapour a durci ses sanctions en septembre 2025. La vérification doit être refaite avant chaque départ.
Que faire si le pays n’apparaît dans aucune liste ?
L’absence d’interdiction nationale ne dit rien des règles locales, aéroports, transports et établissements compris. Le principe de prudence consiste à ne pas vapoter tant qu’aucune règle affichée ne l’autorise.
Une carte réglementaire mouvante, à revérifier avant chaque départ
Le sujet ne se résume pas à savoir dans quel pays la cigarette électronique est interdite, mais à savoir ce que le texte local vise précisément : importer, vendre, détenir ou consommer. Ces quatre verbes n’engagent pas les mêmes risques, et un voyageur averti lit le périmètre avant de retenir le nom du pays.
Le mouvement général va vers le durcissement, avec des textes qui atteignent désormais le porteur plutôt que le seul commerce. C’est une évolution que le secteur suivra de près dans les prochains mois.
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Contenu éditorial réservé aux adultes. Les produits du vapotage contiennent le plus souvent de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique individualisé.